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Fiche sécurité n°10 - "L'assurage dynamique et le comportement de l'assureur"

publié le 22 août 2014 à 08:16 par Pierre Blanche Escalade   [ mis à jour : 22 août 2014 à 08:49 ]

Nota: Cette fiche sécurité ne détaillera pas les diverses manipulations nécessaires propre à chaque systeme d'assurage (plaquette, gri-gri, demi-cabestan, etc...). Il s'attachera plutôt tenter de cerner les attitudes et comportement à avoir pour assurer en toute sécurité son grimpeur


Assurer : C’est permettre la progression du grimpeur en toute sécurité. C’est à l'assureur que revient le rôle de donner ou de reprendre de la corde (du mou) à bon escient (mousquetonnage, mise en place d’un relais, chute...). Donc, pas question de manger un morceau, de téléphoner, de fumer ou lire un bon bouquin sous prétexte qu’on est en plein soleil à l’heure de la sieste. La position requise est verticale, au plus près de la paroi et les yeux rivés sur la progression de votre grimpeur.



Escalade en tête:

Depuis le sol, l'assurage du premier de cordée demande beaucoup de vigilance, d'anticipation et un minimum de bon sens.




Le chute du premier est potentiellement violente. Pour s'opposer au choc, l'assureur doit être dans la meilleure position possible, c'est-à-dire assez près du rocher ou du mur, debout, les jambes légèrement décalées, de façon à être bien équilibré (si la chute est violente, l'assureur peut décoller et être projeté contre la parois...) S'il juge sa position dangereuse, il doit s'auto assurer soit à un arbre, soit au premier point d'assurage de la voie s'il est accessible depuis le sol.

Pour assurer le premier de cordée, il est obligatoire de garder le dispositif d'assurage au harnais. En cas de chute, le corps de l'assureur absorbe une partie de l'énergie, ce qui sollicite moins les éléments de la chaîne d'assurage.


L'assurage dynamique


Lors de la chute, le grimpeur subit la force de choc au moment où il s'arrête. Malgré les bonnes capacités dynamiques des cordes actuelles, et le confort des cuissards, l'arrêt brutal induit une force de choc importante sur le grimpeur. L'assureur peut la réduire en accompagnant la chute: c'est l'assurance dynamique.






Dans la vidéo ci-dessous, observez attentivement le comportement de l'assureur...

Debout, sur des appuis stable, il suit la progression du grimpeur avec vigilance (malgré les sollicitions et les bruits extérieurs de ses voisins de cordée), prêt à intervenir. En fin de chute, lorsque la corde se tend, plutôt que de se bloquer coûte que coûte au sol, il se laisse entraîner en avançant de deux ou trois pas. Il décolle un peu du sol. C'est voulu et normal, et c'est pour cela qu'il a préparé sa réception.

Attention, cette méthode est idéale, voire conseillée, mais nécéssite un minimum d'expérience et de sang froid:

  • Lors de vos premier essais d'assurage dynamique, demandez conseil à une personne formée et rompue à l'assurage dynamique (ex: vos initiateurs de club)
  • Dans un premier temps, prévoyez un contre-assureur chargé de vous donner suffisamment de mou pour permettre l'assurage dynamique, mais pas suffisamment pour autoriser le retour au sol
  • Ne confondez pas assurer dynamique et donner du mou. Le mou préalablement laissé ne fait qu'augmenter la hauteur de la chute.
  • Ne vous placez pas trop loin de la paroi sous peine d'être catapulté contre le rocher
  • Préparez votre réception, afin de ne pas être surpris par le mouvement, et d'être tenté de lâcher les mains du système d'assurage pour vous protéger vous même d'un éventuel choc contre la paroi
  • Attention également aux risques de chute au sol ou sur une vire. Choisissez alors de bloquer la chute, un arrêt brutal vaut mieux que des chevilles explosées...



Escalade en moulinette: assurer le second de cordée

L'assurage du second de cordée est plus facile que celui du premier. Mises à part les chutes en traversée, aucun choc important ne peut se produire, ce qui ne dispense pas l'assureur de rester attentif.

Le privilège du second est de pouvoir lâcher prise sans voler. Pour cela son assurage ne doit pas être trop "mou". Cependant un bon assurage ne doit pas être trop "sec", car cela fait perdre au grimpeur toute sensation d'équilibre et risquerait de le gêner dans ses mouvements...


Pour conclure...

Voilà! Vous savez maintenant tout ce qu'il faut savoir pour assurer correctement... en théorie! Reste à le mettre en pratique sous l'oeil avisé des initiateurs du club!

Allez, en guise de bonus, ci dessous une petite vidéo humoristique sur tout ce qu'il ne faut absolument pas faire lorsque l'on assure un grimpeur!



Vous avez remarqué? L'assureur:
  • N'est pas attentif
  • Est placé très loin de la paroi
  • N'est pas en position debout
  • Ne peut pas dynamiser son leader


Mais heureusement, vous savez maintenant que jamais, au grand jamais, vous n'aurez une attitude aussi désinvolte!


Pour aller plus loin:

D'autres fiches techniques et sécurité sont disponibles ici!


NB: Attention, ces informations ne vous sont données qu'a titre indicatif. Une formation complémentaire de terrain est absolument indispensable pour évoluer en sécurité... Renseignez vous auprès des initiateurs du club (école de vol, etc...)